Chronique PaF-art avril 2016 - vêtements -

Publié le par Patrick Fradin

Chronique PaF-art, avril 2016 -vêtements-

Avril, ne te découvre pas d'un fil.

Iconoclaste et allant au bout de sa cohérence, Friedrich Hundertwasser (1928-2000, autrichien) est un exemple passionnant : peintre, architecte, proche de la nature au point de mixer l'habitat en immeubles avec des étages pour les plantes recevant le compost de leurs voisins humains.

Il attribuait à l'être humain cinq peaux. Le vêtement en est la deuxième.

De fait et de ce fait, chaque peau est une partie de nous-mêmes. Le vêtement nous représente et nous l'habitons. Il s'intègre aussi à l'environnement, même s'il peut être atypique et ainsi sembler incongru à quelques uns. Certains le négligent, d'autres l'utilisent pour le look, d'autres encore pour le

toucher. Beaucoup occultent la noblesse de la matière, sa provenance ou l'âme de sa confection.

L'idéal serait que chacun d'entre nous fabrique ses propres vêtements, tel que le faisait Hundertwasser pour lui-même.

A minima, soyons conscient de ce que l'on achète et évoluons peu à peu en fonction de nos contraintes personnelles. L'évolution personnelle est un long chemin ; les habitudes d'être et de penser sont bien ancrées en chacun de nous.

Un axe intermédiaire : l'artisanat, les pièces uniques, les commandes directes ou personnalisées.

Pourquoi ne pas customiser l'existant ou encore acheter des vêtements à peindre soi-même, y ajouter des tâches de couleurs selon son envie, sans craindre la maladresse et les jugements mal-appropriés.

Assumer sa liberté d'envie et d'être.

Colorer le paysage et colorier la vie !

Le monde s'uniformise, et qui plus est, pour les hommes, en costumes gris, sombres, étriqués. Faut-il s'habituer à la corde au cou pour l'avoir constamment enserré d'une cravate ?

Faut-il oublier le sens du vent, les sensations d'espace, les mouvements du corps et la respiration de notre première peau pour avoir des vêtements aussi ajustés ?

Bien entendu, le gris est parfois fort plaisant, là n'est pas la question. Le vêtement ajusté peu avoir son utilité dans la lutte contre le froid par exemple, ou même pour le plaisir. Le soucis n'est pas le type de vêtement en tant que tel mais bien sa standardisation, le gris à outrance et imposé ! Comment ne pas penser que les esprits qui y sont enfermés n'ont pas eux aussi une tendance à la grisaille.

Toutes les réunions politiques ou d'affaires internationales, à quelques exceptions près, ont lieu en costumes gris, au mépris de la culture et de la diversité des peuples, des nations ou des individus.

Qui dit uniformité, dit manque de biodiversité : l'organe est alors certainement atteint de maladie, une sorte d'occidentalite aigüe peut-être.

Rassurons-nous, cela se soigne pour peu qu'un nombre suffisant d'individus le souhaitent.

L'âme du vêtement est son origine : son impact sur le monde par la culture de la fibre -avec ou sans pesticides-, sa fabrication -avec le coeur ou par l'esclavage moderne.

Nous sommes tous connectés, issus d'une même cellule divisée à l'infini depuis des milliards d'années et appartenant à la cellule Terre de la biodiversité galactique : chaque action personnelle nous impacte tous.

Redonnons la vie aux couleurs et à cette expression personnelle qui est un des sels de l'existence, sans craindre de sortir du cadre que l'on s'impose à soi-même, pour la guérison de la terre.

Patrick Fradin

Publié dans Chroniques

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